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Mali : la note dans laquelle Paris a lâché Ibrahim Boubacar Keïta

Mali : la note dans laquelle Paris a lâché Ibrahim Boubacar Keïta

En amont du sommet de la Cedeao du 20 août, le Quai d’Orsay a fait parvenir une note à plusieurs chancelleries d’Afrique de l’Ouest. La diplomatie française y détaillait la vision de Paris, à savoir qu’un éventuel retour en fonction d’Ibrahim Boubacar Keïta était « irréaliste » et dangereux.

Alors que les chefs d’État de la Cedeao se réunissaient virtuellement, jeudi 20 août, pour discuter d’une position commune au sujet du coup d’État qui venait de s’opérer au Mali, la France avait fait connaître son point de vue en amont, via l’Élysée et le Quai d’Orsay, son ministère des Affaires étrangères.

Emmanuel Macron s’est ainsi entretenu par téléphone les 18 et 19 août avec l’Ivoirien Alassane Ouattara, le Sénégalais Macky Sall ou encore le Nigérien Mahamadou Issoufou, président en exercice de l’organisation régionale. Et, dans la foulée, la direction Afrique du Quai d’Orsay a elle aussi précisé la pensée de Paris auprès des capitales ouest-africaines, renseigne Jeune Afrique qui a accusé réception de la note éditée le 19 août 2020.
Dans cette dernière, le palais présidentiel et le ministère des Affaires étrangères y précisent que l’on ne peut empêcher la transition au Mali. « Il semble inéluctable qu’une transition soit mise en place », a écrit Jean-Yves le Drian, ministre français des Affaires étrangères.

Le texte a ensuite été transmis par les diplomates français à plusieurs chancelleries d’Afrique de l’Ouest, dont la Côte d’Ivoire et le Togo. Selon une source diplomatique, le Quai d’Orsay diffuse régulièrement ce style de notes, et notamment avant les sommets des organisations régionales ou de l’Union africaine.
Un retour d’IBK risquerait de « nourrir l’instabilité au Mali »
La transition, précise le texte, « devra être conduite par des civils » et « a vocation à être supervisée par la région et à déboucher rapidement sur des élections en vue du rétablissement d’institutions démocratiques ». Cette transition devra « permettre la continuité des opérations internationales en soutien à la sécurité du peuple malien à et la lutte contre le terrorisme ».

Surtout, la diplomatie française précise à ses homologues de la Cedeao sa position quant à la situation du président renversé, Ibrahim Boubacar Keïta. « Il nous semblerait irréaliste désormais, au regard de l’état d’esprit de la population et des forces politiques et sociales maliennes, d’insister sur le retour en fonction du président IBK ».

Tandis qu’Alassane Ouattara et Alpha Condé n’avaient pas encore abandonné l’idée d’une remise en fonction d’IBK, le Quai d’Orsay précisait qu’une telle tentative « ne pourrait qu’aboutir à une situation de blocage durable, nourrir l’instabilité au Mali, et obérer la mise en œuvre de l’accord de paix d’Alger et les efforts maliens, régionaux et internationaux de lutte contre le terrorisme ».

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