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Côte d’Ivoire: Après sa frauduleuse victoire, Alassane Ouattara rêve de diviser l’opposition

Côte d’Ivoire: Après sa frauduleuse victoire, Alassane Ouattara rêve de diviser l’opposition
Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié se sont rencontrés ce mercredi à l’hôtel du Golfe. Les deux hommes étaient accompagnés d’un collaborateur, de Gaston Ouassenan Koné précisément pour le PDCI. La rencontre a duré moins d’une heure et chaque dirigeant a donné ses impressions à l’issue de cette prise de contact.
L’homme qui dit se foutre du coronavirus n’a pas enlevé son masque tout au long de la rencontre entre lui et le président du PDCI et au moment de parler à la presse face à un micro posé au milieu de la salle aménagée pour les déclarations de sortie, lors de cette première rencontre qu’ont eue Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. Le premier a donné suite à son offre de dialogue en organisant cette prise de contact et le second qui respire à nouveau l’air de la liberté puisque le blocus qui pesait sur son domicile a été enfin levé, est arrivé à l’hôtel le pas alerte et visiblement peu impacté par dix jours d’assignation à résidence.
Alassane Ouattara s’est réjoui de cette rencontre qui permet de briser la glace, a-t-il dit en saluant « un entretien fraternel pour rétablir la confiance et faire en sorte que la Côte d’Ivoire soit en paix. Nous sommes convenus que la paix est la chose la plus chère à tous les deux et à tous les Ivoiriens. Nous avons décidé d’œuvrer pour qu’il en soit ainsi. Ceci était une étape pour rétablir la confiance et nous sommes convenus de nous revoir très prochainement pour continuer ce dialogue qui a bien démarré. Et, la confiance est rétablie», a dit le chef de l’Etat.
Puis M. Bédié lui a succédé au micro pour dire, sur un ton plutôt réservé, que «nous nous allons nous appeler, nous rencontrer, nous parler dans les jours et les semaines à venir pour que le pays soit à nouveau comme il était avant».
LE RÊVE DU DIVISEUR : DIVISER
Mais cette personnalisation de la crise n’est pas du goût de tout le monde et le secrétaire général de l’UDPCI, Jean Blé Guirao a peu goutté au fait que la première rencontre se passe essentiellement entre les deux anciens alliés du RHDP. Alassane Ouattara compte en effet sur une détérioration des relations entre les membres de l’opposition et tant qu’à marginaliser les autres, il ne se privera pas. C’est donc à M. Bédié de montrer que les ficelles de cette stratégie sont trop grosses. Or en réitérant l’idée de coup de fil ultérieur pour régler ce lourd contentieux, le président du PDCI a fait une erreur de communication, la crise étant à la fois une crise institutionnelle et de gouvernance.Signe d’ailleurs que l’heure est à la suspicion, les militants accourus au domicile du président Bédié après la levée du blocus de son domicile se sont divisés en deux clans antagoniques lorsqu’ils ont appris que le président du PDCI se rendait au Golfe ce soir pour y rencontrer M. Ouattara. Le vice-président du parti Gaston Ouassénan Koné a dû user de diplomatie pour les réconcilier pour que le camp opposé accepte de laisser le président du parti se rendre à la rencontre.
Les domiciles des autres leaders de l’opposition sont toujours sous blocus. L’armée empêche depuis dix jours leurs résidents d’être ravitaillés en nourriture et en denrées de première nécessité. Jean Bonin, vice-président de la tendance du FPI proche d’Affi N’guessan dénonce depuis plusieurs jours ce blocus inhumain exercé sur le domicile de Pascal Affi N’guessan alors que celui-ci a déjà été arrêté.
L’ancien Premier ministre de Gbagbo s’était presque rendu pour que sa famille puisse être libre ; mais malgré tout, celle-ci continue d’être harcelée par le pouvoir alors que son épouse souffre d’hypertension artérielle et ne peut logiquement supporter toute la pression que les forces de l’ordre exercent sur elle et la maisonnée.
LES CONDITIONS DU PDCI
Quelques heures avant la rencontre entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, le PDCI a publié un communiqué dans lequel il pose les conditions d’une négociation. A savoir « la levée du blocus des résidences de tous les opposants, notamment celles du Pr Maurice Kakou Guikahué, du Dr Assoa Adou, de messieurs Affi N’guessan, Albert Mabri Touakeusse et Hubert Oulaye, la libération de tous les responsables et militants des partis politiques de l’opposition, ainsi que les acteurs de la société civile, injustement et illégalement incarcérés », stipule le communiqué signé par le Pr. Niamkey Koffi, secrétaire éxécutif par intérim.
Le PDCI demande également « la cessation de toutes les poursuites judiciaires contre les responsables et militants de l’opposition, ainsi que les acteurs de la société civile, le retour à un fonctionnement normal des partis politiques de l’opposition, avec un libre accès à leurs locaux ». Car si l’ancien parti au pouvoir a toujours été celui du dialogue, il n’oublie pas que « le régime du RHDP a ignoré toutes ses sollicitations » et a préféré « persévérer dans sa volonté d’un simulacre d’élection », a écrit Niamkey Koffi qui ajoute qu’« à l’ouverture de sa campagne, le président Alassane Ouattara s’est même interrogé sur l’opportunité des discussions avec l’opposition en affirmant : des discussions pour quelle raison ? »
En effet pour lui, c’est bien ce « refus du président Alassane Ouattara de négocier (qui) a malheureusement plongé notre pays dans une grave crise dont les conséquences en pertes en vies humaines et en matériels sont déjà énormes », bucheronne le secrétaire exécutif par intérim.
OUATTARA PRIS A SON PIÈGE
De fait, si Alassane Ouattara espérait montrer à la communauté internationale que Bédié refuse de prendre la main qu’il lui a tendue en n’invitant que lui à discuter, il s’est fait prendre à son propre piège puisqu’il ne peut pas continuer d’ignorer le reste de l’opposition après avoir rencontré le président du PDCI. Jean Yves Le Drian, l’un de ses principaux soutiens, l’avait en effet d’ailleurs rappelé à l’Assemblée nationale française, le mardi dernier, en affirmant que « le règlement de la crise en Côte d’Ivoire « doit se faire sur une base inclusive en associant l’ensemble des forces politiques du pays ». Voilà qui a le mérite d’être clair.

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